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Fiche pratique
Dispositif de prévention des risques auditifs en Rhône-Alpes
mise à jour : décembre 2009
Contexte et problématique
De nombreuses études, rapports médicaux et enquêtes épidémiologiques ont mis en évidence l'apparition de troubles auditifs de plus en plus précoces auprès d'une population de plus en plus nombreuse (7 millions de personnes et 1 jeune sur 5 concernés en France).
Ces troubles auditifs sont principalement : la surdité précoce (diminution de la perception des fréquences aigues), les acouphènes (sifflements, bourdonnements temporaires ou définitifs), l’hyperacousie (hypersensibilité douloureuse aux sons de tous les jours).
Ces symptômes correspondent dans la plupart des cas à des lésions irréversibles des cellules ciliées de l’oreille interne, qui peuvent apparaître de manière immédiate sous la forme d’un traumatisme aigu, ou s’installer de façon progressive, sournoise et insidieuse, et ne se révéler qu'après plusieurs années lorsqu’il est trop tard pour réagir.
Ces troubles auditifs concernent tous les âges de la vie et toutes les catégories de population, mais ils sont particulièrement invalidants chez les adolescents en raison des dysfonctionnements cognitifs et comportementaux qu'ils entraînent.
Ces troubles de l’audition sont essentiellement dus à une surexposition sonore de l’organe auditif qui se dégrade prématurément lorsque ses limites naturelles de résistance sont dépassées (à l’image d’un muscle trop sollicité dont on ne respecterait pas les limites mécaniques ou les besoins de récupération entre deux efforts).
Un certain nombre de facteurs personnels peuvent accélérer encore davantage l’apparition de ces troubles et augmenter leur gravité (antécédents ORL, prise de médicaments, consommation de substances psycho-actives : alcool, tabac, autres drogues…).
Les situations de surexpositions sonores sont aujourd’hui générées dans le cadre d’un environnement et d’activités professionnelles et de loisirs toujours plus bruyants : industrie, transport, environnement urbain, concerts, discothèques, baladeur, deux roues, tuning sonore… Or, l’organe auditif est constitué de cellules non renouvelables. Chaque individu possède donc un "capital auditif", à l'image du "capital soleil" pour la peau, qu'il va dépenser plus ou moins rapidement selon son environnement et ses pratiques. La dépense prématurée de ce capital auditif, même s’il est variable d’une personne à une autre, entraine l’apparition précoce de troubles auditifs habituellement réservés aux personnes âgées. De plus, le risque auditif relève d’une problématique de "dose" sonore, c'est-à-dire la combinaison du niveau sonore (en décibels) par le temps d'exposition (en heures, minutes…), ainsi que d’une problématique de cumul entre des expositions d’origines professionnelles et de loisirs. L'ensemble de ces troubles constitue aujourd'hui un véritable problème de santé publique dont le coût social et économique, direct et indirect, est comparable, selon certains experts, à celui induit par les accidents de la route.
L’analyse de la problématique multiple constituant le risque auditif fait apparaître que si l’on souhaite permettre à chacun de préserver son "capital auditif" tout en favorisant un épanouissement personnel en termes de loisirs musicaux, il s'agit d'apprendre : à limiter son temps d'exposition personnel en s'éloignant des sources sonores quand la dose maximum est atteinte, ou en se protégeant par des bouchons si l'on souhaite ou si l'on doit rester sur le lieu de l'exposition sonore ; à tenir compte des quelques "signaux" d'alerte envoyés par notre organisme (acouphènes temporaires, fatigue auditive…) et connaître les mesures d'urgence à adopter en cas de surexpositions traumatisantes pour en "limiter" les conséquences (service d'urgence ORL).
Le dispositif "Dose le Son !"
La Nouvelle Agence Culturelle Régionale Rhône-Alpes (NACRe) développe un dispositif de prévention des risques auditifs "Dose le son !" mené en lien avec le réseau des Scènes de musiques actuelles ainsi que les Rectorats de Lyon et Grenoble et soutenu par la Région et de nombreux services de l'Etat (GRSP, DRASS, DIREN, DRTEFP, DDASS/Pôles bruits départementaux…).
Ce dispositif se décline selon 5 axes définis dans le cadre d’une étude de faisabilité :
La sensibilisation des publics scolaires dans le cadre de concerts pédagogiques
La formation continue des acteurs professionnels de la diffusion musicale
Le travail avec l'association AGI-SON autour de la campagne nationale de prévention et des questions de formation de formateurs dans ce secteur
L'étude et la mise en œuvre d'un dispositif informatif et explicatif des mesures légales d'exposition sonore subie par le public et le personnel des lieux de diffusion
L'évaluation de l'impact de ces actions en termes de modification de comportement des publics ciblés par l'Observatoire régional de la Santé
Pour tout renseignement complémentaire concernant l’ensemble de ces actions et le dispositif de prévention en Rhône-Alpes, contacter la Nouvelle Agence Culturelle Régionale Rhône-Alpes (NACRe) : www.la-nacre.org
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